Demolition man

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Demolition Man est un film américain de Marco Brambilla, sorti en 1993.

« En 2032, à San Angeles, une mégalopole californienne où toute violence a été éradiquée, Simon Phoenix (Wesley Snipes), un tueur psychopathe condamné à une longue peine d’hibernation et de rééducation, profite d’une visite médicale pour s’évader. Seul recours pour le neutraliser : réanimer son ennemi de toujours : John Spartan (Sylvester Stallone), un policier surnommé « Demolition Man », cryogénisé à titre de punition pour homicide par imprudence en 1996. »

L'avis de Margot Baldassi

Parfois, les films les moins "sérieux" sont les plus créatifs. Demolition Man, film d'action-science fiction second degré des années 90, est devenu culte au fil du temps pour différentes raisons. Si on ne peut pas lui enlever ses dialogues hilarants et ses clins d'œil comiques au cinéma d'action américain des années 80, le film de Marco Bambilla est surtout une critique grinçante de la société occidentale de la fin du XXe siècle.

Après une introduction violente et presque apocalyptique dans les States des années 90, on se retrouve à San Angeles (San Francisco + Los Angeles du futur) en 2032, ville aseptisée, peuplée de policiers neuneus et de dispositifs de surveillance. Le dernier meurtre opéré aux Etats Unis date de 2010, et, depuis, tout va bien dans le meilleur des mondes. Jusqu'à ce que le plus psychopathe des criminels, et le plus violent des flics du XXe siècle se voient libérés de leur longue peine de cryogénisation. D'un côté, le terrible Simon Phoenix arrive à se procurer des armes (interdites depuis 20 ans) dans le "musée de la violence" de la ville, de l'autre, John Spartan poursuit sa némésis en compagnie d'une policière gentillette (Sandra Bullock) qui voue un culte naïf à la société américaine disparue des années 80-90. Tout le ressort comique du film se tient là, dans le décalage qui s'opère entre la vulgarité d'un Stallone au top de sa forme et les moeurs très policés de cette société futuriste.

"Dans le film, la cigarette, l'alcool, la caféine, la viande, les sports de contact, les vulgarités, le chocolat, l'essence, les jouets non éducatifs, la nourriture épicée, le sel, le sexe par contact physique, les baisers, l'avortement et la grossesse sans autorisation préfectorale sont considérés comme mauvais et sont interdits." (il ne manque plus que le gluten et le porno, ndlr) via Wikipédia

Egalement technocentrée, la ville du futur de Demolition Man compte un grand nombre de machines parlantes, très polies, qui rappelleront sans cesse aux deux énergumènes venus du passé que leur langage châtier est proscrit par la loi, et immédiatement sanctionné par une contravention.

Enfin, notons que ces citadins du futur sont toutes et tous végétariens, riches, engoncés dans des sortes de kimono de soirée ; et ils se torchent (mystérieusement) avec des coquillages, écoutent des jingles de pub en guise de musique, et tricotent pour s'occuper. Leurs restaurants de luxe sont des Pizza Hut (Taco Bell pour la version originale), qui domine littéralement le marché puisque c'est la dernière franchise à avoir survécu dans cette étrange société.  Aussi ironiques qu'intriguants, ces éléments mériteraient un bon coup d'œil rétro-prospectif et critique de notre part... Un jour peut-être !

En attendant, on retourne explorer les égouts de San Angeles (occupés par un groupe de rebels, nostalgiques de la société libre et violente de la fin du XXe siècle), où, notamment, la street food n'a bien heureusement pas été abolie. Alors, dans le futur, vous serez plutôt pizza végé ou steak de rat saignant ? En 2018, on pense avoir déjà la réponse...

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